Retour de session à Paray-le-Monial : grâces et gravité de la situation catholique actuelle.

Je me suis récemment rendue à une session dédiée aux 25-35 ans à Paray-le-Monial, sanctuaire et lieu de pélerinage, où chrétiens et catholiques croient que Jésus est apparu montrant Son coeur ouvert et enflammé d’amour à Sainte Marguerite-Marie Alacoque en 1675, lui disant, entre autres : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu’ingratitude ».

Cela faisait dix ans que je n’étais pas revenue à Paray. Je m’étais décidée à la dernière minute, alors en désarroi sentimental et professionnel et je savais, en y allant, que je ne le regretterais pas. Quand on fait confiance à Dieu et qu’on choisit de se rendre là où Son Coeur est apparu, on reçoit forcément des grâces, même si celles-ci ne sont pas toujours celles attendues. Dieu nous surprend et sait mieux que nous quoi faire de nous.

Cette session me permit de recevoir une multitude de grâces autant que de constater la gravité de notre situation, à nous autres catholiques, notamment à cause notre peur d’aborder de front les difficultés du monde. Ce monde que nous sommes pourtant appelés à aimer radicalement, en Vérité. Je commencerai par exposer ce qui me paraît grave et terminerai par les grâces reçues.

Première source de gravité : américanisation de la Foi et de la pratique charismatique catholique.

Des méthodes de développement personnel dignes de coaches en entreprise et des novlangues (emploi très fréquent de termes détournés, tels la « Bienveillance » et la « Gratitude ». Auparavant, on disait simplement « Amour » et « Rendre grâce ». On ne dit pas encore « Je vous salue Marie, pleine de gratitude », que je sache). Une tendance à l’émotion très forte, avec par exemple la promotion de films et de la boîte de production américaine Saje à l’origine de beaucoup de très mauvais films américains faisant passer Dieu pour un magicien enrobé de guimauve et de sucre. Une veillée entière fut ainsi consacrée à la célébration de la Gratitude, faisant défiler sur scène un franciscain australien hystérique puis une jeune femme témoignant d’un coup de baguette magique divin intervenu dans sa chambre d’hôpital psychiatrique, le tout entrecoupé de chants bruyants à l’harmonisation douteuse, dans une ambiance d’hypnose collective.

Deuxième source de gravité : starification et snobisme intellectualisant.

Le parcours auquel j’ai participé, animé par un grand nom de l’intelligentsia catholique actuelle, s’est perdu en douces et belles considérations sur la doctrine sociale de l’Eglise et ce nouveau concept d’Ecologie intégrale actuellement à la mode sur la scène médiatique catholique. Notre intervenant a quand même réussi à nous demander d’ « oublier l’expression « foi du charbonnier. » » : selon lui, cette expression n’est pas digne d’un catholique, car un catholique doit se former et lire des livres. Allez donc dire cela aux simples d’esprit. J’interpelle d’ailleurs à ce sujet un grand nombre de séminaristes rencontrés à la session et ailleurs : j’espère que vous ne vous intéressez pas à la prêtrise par seul goût pour la philosophie, la théologie, ou quelque autre science. J’espère que vous vous intéressez à la prêtrise pour les âmes et les personnes que vous serez amenés à rencontrer et à qui vous devrez avant tout témoigner de l’amour simple et profond du Christ pour elles.

Troisième source de gravité : une peur généralisée au sein des organisateurs et intervenants que j’ai pu rencontrer.

Par volonté de ne pas faire de vague, j’ai vu l’intervenant de mon parcours refuser de parler du martyre rouge (possibilité de perdre sa vie terrestre) comme une possibilité pour tout chrétien à l’heure actuelle, comme ça l’a toujours été. Prendre le parti du Christ, c’est pourtant nécessairement s’opposer au monde et de là prendre un risque. Et de façon plus générale, un refus en bloc et généralisé parmi les organisateurs du parcours d’aborder de front les sujets d’actualité brûlants : crise sanitaire, homosexualité et transexualité, changement climatique, ultra-libéralisation, virtualisation et digitalisation du monde….

Première grâce : des amitiés nouvelles.

C’était la première fois que je me rendais seule à un événement pareil. Etre seule me permit de rencontrer un nombre incalculable de personnes et me fit vivre toute la semaine la joie indestructible de rencontrer les autres. J’ai eu particulièrement la chance de passer la semaine avec Cécile, amie de mes parents dans la Communauté de l’Emmanuel à Nantes. Cécile est bénie du Ciel, elle est en permanence dans une joie et une simplicité profonde, c’est incroyable. Elle est extraordinaire et à chaque fois que je la rejoignais pour passer la veillée ou prendre un repas ensemble, je me sentais habitée d’une joie et d’une paix toutes simples, dons très clairs de l’Esprit Saint à mon avis. Et qu’est-ce qu’on a pu rire ensemble, en louant, en chantant, en priant les textes, en faisant le ménage… Merci Cécile pour toute ta bonté et ta beauté.

J’ai aussi pu rencontrer Clémence et Marielle, Mathilde et Marie, Etienne, Brune, Emmanuelle, Reine… J’ai aussi retrouvé Perrine, une accompagnatrice que j’aime beaucoup rencontrée à A Bras Ouverts. Avec chacun, chacune, j’ai pu nourrir des échanges simples et profonds, confier ou me voir confier nos difficultés et joies respectives dans la vie et dans notre Foi.

Deuxième grâce : la joie d’être célibataire.

Me voici depuis un an célibataire malgré moi. Après quelques mois à profiter pleinement du célibat, état de vie, il faut le dire, fort enviable à beaucoup d’égards, je me trouvais inquiétée depuis quelques mois par l’impératif de rencontrer quelqu’un d’autre et de remarier. Me voici délivrée de cette fausse urgence et à nouveau dans la joie de croire que Dieu suffit, et que le temps d’une vie terrestre célibataire, si c’est dans cet état que je devais finir ma vie, n’est rien à côté de l’éternité mariée à Lui.

Troisième grâce : la promesse d’un ancrage encore inédit pour moi dans une paroisse, l’appel à rejoindre un groupe, une communauté vivante dans l’Esprit Saint.

J’ai toujours eu du mal avec les phénomènes de groupe. J’abhorrais la sortie de la messe le dimanche quand j’étais enfant et adolescente, où je voyais les catholiques faire des mondanités entre eux au lieu de se tourner vers le monde extérieur pour leur annoncer la Bonne Nouvelle. Je n’ai eu eu qu’une ou deux fois des bandes d’amis, et j’ai à chaque fois fini par couper les ponts, par agacement devant les comportements grégaires que celles-ci adoptent souvent.

Et pourtant, je me sens profondément appelée à rejoindre un groupe. Une paroisse en particulier, dans Paris, celle de l’Emmanuel, à Saint Nicolas des Champs peut-être. Je suis heureuse de cette perspective car je sais à quel point je souffre de me trouver souvent seule dans un monde déchristianisé. Nous verrons si cet appel se confirme ! Quoi qu’il arrive, j’ai toujours hâte de la rentrée et de la vie qui s’annonce, et ce malgré la direction dictatoriale que la France et les Français dans leur majorité semblent décidés à prendre ces jours-ci.

Dieu est vivant, Son Fils est Jésus, Son Don est l’Esprit Saint, Sa Mère est Marie, Son Coeur nous aime infiniment, Alléluia.

Bien à vous tous,

Amélie.

Journal du 29 juin 2021.

J’ai dit hier soir à un ami que j’étais heureuse d’étudier l’Histoire quand celle-ci m’apprend à davantage aimer l’Homme et l’Humanité, qui invente, rend gloire, fait des merveilles, tout autant qu’elle erre, massacre et commet des horreurs.

Peut-être que l’Histoire va bientôt franchir un cap important ces jours-ci. Il serait apparemment question au sein du gouvernement français de rendre la vaccination ARN/ADN contre le covid obligatoire chez tous les citoyens âgés de plus de 24 ans. Je me sens seule en ne voyant que peu de monde autour de moi s’offusquer de l’absurdité voire de la gravité d’une telle mesure si celle-ci venait à se concrétiser. Je me demande aussi parfois ce que dirait mon frère Pierre-Marie, qui avait tant de bon sens et qui était si libre de penser envers et contre tous les diktats, quels qu’ils soient, s’il était encore là, si je passais une soirée avec lui ?

  • Depuis quand enferme-t-on des jeunes plus d’un an pour éviter que des personnes âgées en moyenne de 82 ans (âge médian : 73 ans)*, en France, ne meurent ?
  • Depuis quand avons-nous la prétention de croire que nous pouvons éviter complètement une épidémie et depuis quand prétendons-nous pouvoir développer et mettre tant de vaccins sur le marché mondial en moins d’un an ?
  • Depuis quand, enfin, estimons-nous raisonnable de vacciner la totalité d’une population contre un virus au taux de létalité moyen de 2% dans le monde (ce taux de létalité, fort difficile à établir, étant peut-être bien plus bas, lorsque l’on sait que 93% des morts du Covid le sont d’une co-morbidité) ?…

J’ai récemment regardé un reportage sur les poules élevées en cage et au sol. Ces pauvres animaux sont élevés dans des conditions absurdes et bien contraires à la dignité de toute créature terrestre. Quand une maladie apparaît chez l’un de ces spécimens entassés, l’éleveur vaccine automatiquement (ou gave d’antibiotiques) l’intégralité de la population présente.

Je ne peux m’empêcher de nous voir en poules élevées en cage ces jours-ci. Nous menons un train de vie absurde, dans des conditions où nous sommes, bien souvent, comme les poules, entassés les uns sur les autres. Ainsi, on nous vaccine pour nous permettre de continuer à vivre absurdement et continuer de nous gaver.

Entendons bien qu’avec les épidémies à venir à la faveur du changement climatique en cours, nous ne sommes pas au bout de nos peines, et qu’il serait donc grand temps d’apprendre à vivre avec elles, à défaut de réguler notre absurde train de vie occidental, seule solution pour parvenir à réguler leur émergence. Oui, rappelons-nous que nous sommes simplement mortels et que la vie humaine est belle justement parce qu’elle est fragile face à l’adversité de ce qui la dépasse.

*Source : Santé Public France, janvier 2021.

Le désordre résultant de la grande privation.

« La réalité de la vie, ce n’est pas la sensation, c’est l’activité (…). Ceux qui vivent de sensations ne sont, matériellement et moralement, que des parasites (…). » (Simone Weil, Lettre à Simone Gibert, une de ses anciennes élèves, mars 1935).

Dans l’article qui précède, je parle de cette grande privation qui est celle de l’Amour, à savoir l’Amour divin.

De la privation de cet Amour résulte une confusion et un désordre ambiant dans l’ensemble de nos relations avec le monde.

Nos relations entre êtres humains, d’abord. L’Amour divin nous enseigne la différence entre le Dieu créateur et les Créatures qu’il a créées. Il nous enseigne aussi la différence entre l’Homme et la Femme, différence révélée par l’amour humain et le mariage, différence qui est source de vie, de stabilité, d’équilibre de dynamique de couple renouvelée et, plus prosaïquement, de perpétuation de l’espèce humaine. Annihiler l’Amour initial nous a conduits à une confusion et un désordre général dans l’état de nos relations. Nous avons établi qu’il n’existait ni Homme, ni Femme. Que nous sommes seulement des êtres angéliques sans sexe et sans incarnation révélée. Nous avons établi que l’amour était bien relatif, qu’il pouvait exister entre deux êtres quel que soit leur sexe, leur âge, leur condition. Qu’il pouvait même s’établir entre plusieurs êtres en même temps. Ainsi avons-nous commencé à confondre la Sensation et l’Amour, la Contingence, le Désir, le Va-et-Vient des sentiments et la Liberté réelle de choisir l’Amour dans la différence des sexes, des âges et des générations. En résulte un désastre dans nos vies conjugales, familiales et affectives, on ne compte plus les divorces actuels, les enfants traumatisés par la séparation de leur parents et l’on s’oriente, mondialement, vers des abominations telles que la fabrication et le trafic d’enfants pour répondre à l’impérieux Désir d’enfant pour n’importe qui, n’importe quand, n’importe où.

Paradoxalement, et c’est là que le désordre s’illustre d’ailleurs, en voulant faire du « Sentiment » et du « Désir » les principes conducteurs de toute vie humaine, en pensant que c’est le fait de « se sentir » amoureux et de vivre selon ses sentiments qui va nous faire aboutir à une société plus heureuse et apaisée, la brutalité des relations entre nous ne diminue guère, au contraire, elle aurait même peut-être tendance à s’accentuer. Violences conjugales, viols, enfants maltraités ou victimes d’incestes ou de pédophilies, enfants tués dans le ventre de leur mère, personnes abandonnées dans la rue ou à la porte de leur pays, guerres, génocides… Le monde des XX et XXIe siècle n’est pas du tout un monde moins violent que les époques qui l’ont précédé.

Nos relations avec le reste du monde et de la création, ensuite, font preuve de désordre. Parce que nous ne savons plus ce qu’est la source originelle de l’Amour, nous sommes entrés dans une relation totalement désordonnée avec le monde. D’un côté, nous le surexploitons et le massacrons : surexploitation animale, maltraitance dans les élevages industriels, épuisement des ressources, pollution des océans… De l’autre, nous adoptons pour nos familles et dans nos vies privées des animaux domestiques que nous élevons comme nos propres enfants, que nous faisons nos rois, pour qui nous dépensons des centaines voire des milliers d’euros chaque année. Ou encore, nous plongeons dans la radicalité du « véganisme », refusant de consommer toute protéine animale, en oubliant un fait pourtant simple, essentiel : dans la Nature et chez les Animaux que les vegans déifient, des animaux mangent d’autres animaux pour subvenir à leurs besoins. Dans tous les cas, c’est un désordre brutal de notre relation avec la Création, avec l’Animal et avec la Nature qui s’illustre. Parce que nous ne savons plus aimer le monde comme nous devrions l’aimer réellement, soit nous le détruisons et le surexploitons, soit au contraire nous le déifions. Dans les deux cas, ce n’est pas de l’Amour et ces désordres doivent être combattus.

Je prie pour que par l’Amour nous retrouvions de l’Ordre dans nos relations – de l’ordre, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire de l’ordre qui conduit et qui entretient l’amour. Ne le nions pas : lorsque sa maison est en ordre, on s’y sent mieux, on y vit mieux et l’on s’y aime mieux. Je ne parle pas d’un ordre maniaque mais d’un ordre relatif, conduit par l’amour que l’on a pour son Créateur, pour soi-même et par là même pour ceux qui nous entourent.

La grande privation.

Nous, pauvres gens, nous sommes vus priver de choses essentielles pour notre bonheur et pour la qualité de notre vie sur Terre.

Nous nous sommes d’abord vus priver de la source de l’Amour premier, Celui qui transcende tout, qui pardonne tout, qui répare tout, qui peut tout. Concrètement, en France et dans beaucoup de pays occidentaux, nous nous sommes vus dégoûter de l’idée d’un Dieu aimant et de la religion qui pouvait témoigner de Sa présence parmi nous. Les premiers responsables de l’oubli de cet Amour sont peut-être les représentants de cette religion eux-mêmes. Qui aurait voulu en effet croire en un Dieu aimant parmi des bonnes soeurs revêches, sévères, méchantes et moqueuses ? Des prêtres pervertis aux richesses du monde et concupiscents ? Des fidèles assistant à la messe pour faire bonne figure et rencontrer du beau monde, se fichant bien du sort du reste du monde, de l’urgence d’annoncer l’Amour à ceux qui ne le connaissent pas ? Les abandonnés, les maltraités, les pauvres, les clochards, ceux qui ont faim d’humanité et d’amour et qui n’ont parfois pas le privilège d’avoir connu l’Amour dès leur enfance ?

Avec la privation de l’Amour, du vrai Amour, est venue la privation de tout le reste.

La privation de la perspective de l’éternité dans nos vies et de la vie éternelle qui, pourtant, a le mérite de nous aider à affronter si ce n’est avec bonheur, au moins avec un peu d’espérance, les vicissitudes de la vie. La privation de notre capacité à vivre en prenant des décisions et en nous y tenant par Amour, même lorsque cela devient difficile. Notre capacité à tenir nos promesses car, au fond, nous savons les avoir prises par Amour. Notre capacité à construire nos vies en dépassant les imprévus et les nécessités de la vie, notre capacité à inventer, à créer et à tenir des projets, qu’ils soient maritaux, familiaux, professionnels ou artistiques.

Avec la privation de l’Amour est aussi venue la grande confusion entre l’Amour et la Sensation, entre la Liberté et la Passivité. On nous a ordonné de vivre selon nos besoins et nos désirs du moment, en cela, l’hédonisme ambiant est l’un des plus méchants mensonges que notre époque ait créés, il travestit la Liberté en Sensation. Nous nous sommes créé de fausses idées de l’Amour, de la Liberté et du Choix ; nous avons oublié ce que c’est que de Choisir, de Décider et de Vouloir pour de bon. Choisir de prendre et tenir des engagements par Amour. C’est notre humanité qui est encore ici en question, notre humanité en tant que chose capable de dépasser les contingences de la vie, de construire des choses éternelles lorsqu’elle fait preuve de persévérance et de courage.

Car c’est en dépassant les difficultés que nous nous épanouissons. C’est en construisant des projets qui durent, qui dépassent les événements que nous ne maîtrisons pas, que nous trouvons notre stabilité et notre bonheur. C’est une dimension éternelle en nous, enfouie en nous par Dieu au départ selon ce que je crois, qu’il nous faut entretenir pour rester dignes, heureux et joyeux. Car nous sommes des créatures divines, des créatures appelées à l’Amour et à l’Eternité, Amour et Eternité que nous connaitrons parfaitement quand nous rejoindrons notre Père au ciel.

Une vie frivole ne tient qu’à un fil face à l’autoritarisme.

Il y a quelques jours, nous débattions avec mes deux sœurs de la validité du confinement et ce qui, dans nos vies telles qu’elles se déroulaient alors normalement il y a quelques mois, méritait que l’on s’y oppose ou, en tout cas, ce qui nous en manquait le plus. L’une se désolait avant tout de ne plus pouvoir aller en cours, de rencontrer d’autres étudiants, ses professeurs et de poursuivre ses activités associatives. Si elle avait pu choisir entre garder les bars ouverts et pouvoir se rendre à l’université, son choix se serait rapidement porté vers cette dernière. L’autre préférait au contraire souligner l’importance qu’avait pour elle le maintien de l’ouverture des bars, des restaurants, des lieux de sociabilité et de fête, indispensables pour pouvoir continuer d’entretenir ses relations amicales et sociales.

En les écoutant l’une et l’autre, je comprenais la validité de chacun des deux points de vue qui, d’ailleurs, ne s’opposent pas strictement. Je compris cependant, en prenant part à cette discussion, qu’il était plus facile pour un gouvernement ayant pris goût à l’autoritarisme tel que le nôtre en France ces jours-ci, de détruire toutes les libertés d’une société pour qui la liberté ne consiste en fait en presque plus rien d’autre que faire la fête, boire, manger, rire, voyager, s’amuser et consommer des biens. Faire la fête, voir des amis, voir sa famille, découvrir l’ailleurs, Dieu que tout cela est bien sûr important et bon. Mais une vie qui se résume à cela est bien plus fragile et plus difficilement défendable qu’une vie d’abord passée à s’engager auprès des autres, à travailler pour un métier dans lequel on trouve son sens, à servir sa famille, ses amis et les pauvres. On peut plus facilement empêcher les gens de faire la fête tous les weekends, détruire le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, empêcher les gens de nourrir leurs relations sociales et amicales, chose pourtant structurante pour tout un chacun, tout le monde s’accordera pour dire que cela est bien léger, on peut facilement lui substituer une idée de « solidarité » dans un contexte de crise sanitaire. Il est autrement plus difficile d’empêcher une vie dédiée d’abord au service des autres et à l’engagement pour des causes plus grandes de se claquemurer chez elle, car cette vie, bien avant la crise sanitaire, était déjà « solidaire », en ce sens plus légitimement défendable.

Après les attentats de Paris en 2015, certains d’entre nous ont souhaité se défendre en rappelant que « Paris est une fête ». Les faits actuels nous montrent qu’une vie de fête peut aisément et légitimement se voir enfermée entre quatre murs par un gouvernement au prétexte de « rester solidaires » et de « protéger les autres ».

Réfléchissons donc à ce que veut dire pour nous la liberté, la vraie liberté. Voyons les choses de façon positive : ce temps de confinement et de ralentissement forcé de notre rythme de vie est une opportunité rêvée pour cela ! Pour que nos bars et restaurants rouvrent, pour que notre gouvernement recule et cesse ses décisions anti-démocratiques, nous noyant dans un discours culpabilisant et infantilisant, pour que nous puissions nous réunir et célébrer ensemble la joie de nous retrouver, il faudrait peut-être que nous soyons plus nombreux à nous engager envers les autres d’abord, dans notre travail et dans nos diverses activités. Nos vies seraient en effet bien plus difficiles à écrouer.

Appel pour la France à la résistance non violente.

« Convainquez quelqu’un qu’il a des risques de mourir si vous ne le protégez pas : vous en ferez ce que vous voulez. » Jean-Dominique Michel, anthropologue de la santé, novembre 2020.

Je crois qu’il est devenu légitime de se demander si notre pays est sorti de l’état de droit et s’il s’oriente, au fur et à mesure des événements, de la manipulation des peurs par nos gouvernants et de l’augmentation de notre docilité, vers une dictature. Ne nous laissons pas leurrer par les annonces prétendument « rassurantes », « raisonnables » et « responsables » de notre président hier soir à 20h.

Rendons-nous compte que nous avons été, sur les cinq dernières années, trois ans en « état d’urgence », justifiant et centralisant toutes les décisions dans les mains si ce n’est d’un seul, en tout cas de quelques uns, à savoir notre gouvernement. Rendons-nous compte que désormais il paraît évident que la Sécurité (et, avec elle, la « Santé »), passent devant la Liberté.

Rendons-nous compte que désormais, nous acceptons de remplir une attestation pour le simple fait de sortir de chez nous, que nous acceptons de cacher notre visage, que nous laissons grandir nos enfants dans un monde sans visage, quand bien même le fait de porter un masque dans la rue et lorsqu’on est bien portant est, si ce n’est critiqué, au moins questionné, par l’OMS elle-même. Que nous acceptons que la police nous verbalise si nous nous déplaçons et montrons notre visage.

Rendons-nous compte de la gravité de la loi dite « de sécurité globale » passée en première lecture à l’Assemblée nationale ce weekend. Rendons-nous compte que, pour lutter contre le risque de lynchage via les réseaux sociaux, on interdit, peu ou prou, de filmer la police, rendue ainsi plus facilement capable d’exactions éventuelles. Beaucoup d’autres solutions pour lutter contre le phénomène de lynchage et la perversité grandissante des réseaux sociaux existent. Pourquoi ne pas, par exemple, rétablir, comme c’était le cas de Facebook au moment de sa création, que les réseaux sociaux soient interdits aux mineurs ? De telles solutions sont, il faut le reconnaître, bien moins lucratives, quand on connaît l’efficacité de la publicité sur les réseaux sociaux auprès des populations jeunes. De telle solutions auraient le tort, en outre, d’empêcher l’abrutissement généralisé qu’exige le consumérisme.

Rendons-nous compte que sous couvert de lutte contre le terrorisme, au nom, non de la liberté d’expression, mais d’un prétendu « droit au blasphème » (ou droit à l’insulte), nous justifions de sécuriser toujours plus nos rues, nos lieux de culte, tout en excitant la colère des populations les unes contre les autres. Oui, car en faisant appel à la peur (rappelons la phrase, retirée un peu tard, de M. Darmanin : « La peur doit changer de camp. »), nous n’obtiendrons jamais rien qu’une chaîne sans fin de violence, verbale, morale, ou physique.

Voyant tout cela, j’appelle désormais chacun de mes amis et tout citoyen français à résister de façon non violente, par quelques actes concrets :

Sortons de chez nous. Allons voir nos amis. Allons voir notre famille, nos proches. Occupons-nous des pauvres. Manifestons et protestons contre les lois iniques.

Ne faisons plus d’attestation. Nous sommes sortis de l’état de droit, ne nous laissons pas faire par la peur de recevoir une amende. Si nous sommes assez nombreux à le faire, la police ne pourra rien faire – et nous arriverons peut-être même à aider nos policiers à se rendre compte de la gravité de ce qui leur est demandé depuis des mois.

Ne portons plus de masque dans la rue et si nous sommes bien portants. « Le visage est ce que l’on ne peut tuer » a écrit Emmanuel Lévinas.

Enfin, et à plus moyen terme, refusons de nous laisser vacciner du Covid dans l’immédiat, quand bien même cela deviendrait un jour obligatoire sur le territoire national. Les vaccins validés à la va-vite actuellement dans le monde, aux Etats-Unis, en Chine,… utilisent des technologies qui n’ont encore jamais été testées sur l’homme. Nous ne sommes ni en Chine, ni en Russie, où les gouvernements ont l’habitude de tester des vaccins à grande échelle. Ne nous laissons pas faire. Au-delà de polémiques complotistes, ne nous laissons pas faire. Des traitements existent comme alternatives au vaccin. Des traitements peuvent être développés, n’obligeant pas des populations entières à subir le test d’un vaccin aux technologies hasardeuses.

Quoi qu’il arrive, en tout cas, gardons la joie au coeur, nous sommes appelés à vivre libres et à aimer. C’est notre non violence et notre capacité d’amour qui nous rendront vainqueurs.

Bravo, Victor, et merci !

Hier, sur CNews, dans l’émission « En quête d’esprit » animée par Aymeric Pourbaix, le thème de l’émission tournait autour du questionnement des mesures sanitaires par les catholiques français quant à l’interdiction de participer aux offices du dimanche. Parmi les invités, Victor, un jeune Youtuber de 19 ans, dont l’intervention m’a beaucoup touchée et qui, je crois, allait dans le sens qu’il faut que nous défendions.

Victor n’a fait preuve ni de colère, ni de haine, ni d’esprit revendicateur, revanchard ou identitaire lors de son intervention et réponses aux questions d’Aymeric Pourbaix. Soutenu par les clarifications des pères Cédric Burgun et Albert Jacqueline, il a expliqué de façon claire et aimante ce que voulait dire pour nous catholiques l’importance de l’Eucharistie, de la messe et de la communion, ce que les écrans avaient de mauvais en s’interposant dans la relation entre les personnes. Tout cela, sans pour autant faire de « La Messe » ou de « L’Eucharistie » une revendication matérialiste et cléricaliste, en rappelant et en reconnaissant tout de même que l’essentiel chez un chrétien tient d’abord en la charité et la pratique de l’Amour que Dieu nous donne autour de nous. Victor n’est tombé ni dans le piège cléricaliste identitaire ni dans le piège de la soumission aux directives gouvernementales, tout en gardant un ton aimant, exercice sûrement difficile lorsque l’on passe ainsi à la télévision à l’heure actuelle.

Quelle joie de voir prendre la parole des jeunes catholiques comme lui, dont le courage et le coeur sont à mon avis guidés par ce qu’il faut d’Esprit saint et d’amour.

Merci Victor pour ton témoignage et bravo pour ton courage.

Pour voir en replay l’émission dans laquelle Victor est intervenu : https://www.cnews.fr/emission/2020-11-15/en-quete-desprit-du-15112020-1018080