Renoncement et nouveaux dieux.

« On ne peut faire autrement. »
« C’est le sens de l’histoire. »
« Le progrès est là. »
« Que peut-on proposer d’autre ? »
« C’est la seule issue possible. »

Voilà le discours qui transparaît partout et qui nous amène à voter pour un monde multinational, vendu corps et âme aux multinationales, à l’Innovation, à la Technique, au Digital, à la Donnée, à la Blockchain, à la Start Up, à l’Intelligence Artificielle et à l’Écologie.

Quelle est « la seule issue possible » ?

Celle de reconnaître, non sans tristesse mais avec une ferme résignation, la défaite de l’Homme sur Terre car l’Homme est devenu un problème.

L’Homme s’abandonne car Il a définitivement renoncé à lui-même. Il a renoncé à son identité fondatrice de créature du Créateur. En maintenant ferme son état de créature, il eût pu espérer continuer à faire de grandes choses sur la Terre, des choses qui l’élèvent vers le Ciel tout en continuant d’embrasser sa condition proprement et pauvrement humaine : de la création artistique qui traverse le temps et les subjectivités, des progrès scientifiques au service de la raison, des œuvres qui ne massacrent pas son environnement.

L’Homme terrassé et séduit par la Bête, technique et merveilleuse, fantastique d’efficacité et de garantie de jouissance, lui étant tout acquis, ayant perdu la Foi, ayant accepté, en pleurant, avoir perdu la Foi, se retrouve paradoxalement voué à de nouveaux dieux : d’abord, il y a plusieurs décennies, la Consommation, la Liberté et l’Argent, puis maintenant plutôt le Bonheur, l’Amour, la Technologie, la Nature.