Rose.

Rose ne flashe jamais de QR code. Elle n’en a pas besoin : la plupart du temps, elle reste chez elle, avec sa vieille mère où, comme elle le dit, elle ne veut que « regarder la télé, dormir et manger. »

Rose aime quand même d’autres choses. Elle est fan de Johnny. Elle a été à un concert de lui, elle a beaucoup pleuré à sa mort. Elle aime se mettre du vernis, faire la cuisine et servir des cafés ou des tisanes à tout le monde. Elle aime danser et chanter aussi. Et puis elle aime râler, bouder, elle aime dire qu’elle va plonger dans l’eau pour finalement rester au bord et gueuler que c’est trop froid pour elle. On aura beau tout faire pour la convaincre, elle continuera de gueuler et de râler.

Rose a de mauvaises dents. Elle est en surpoids, elle louche, elle ne voit quasiment rien. Techniquement, économiquement, elle ne sert à rien. Elle est seulement un poids, au sens propre comme au sens figuré. Un poids social, familial et économique. Faire pédaler un vélo avec elle, l’empêcher de se laisser tomber, autant que la faire arrêter de bouder et de n’en faire qu’à sa tête, une vraie gageure.

En arrivant sur la plage du Touquet, elle aborde les sauveteurs en leur demandant s’il y a des requins et en leur disant qu’ils sont beaux gosses. Elle fait des câlins très vite, suffit d’être un peu gentil avec elle. Elle est même collante, parfois ça en devient gênant.

Quand on est avec Rose, on perd toute fausse pudeur, on devient vrai, on devient simple, et on rigole tellement qu’on finit par se sentir léger et éternel.

Rose dit qu’elle ne croit pas en Dieu mais elle veut quand même qu’on prie ensemble. Et quand elle prie, elle pleure, elle rit, elle prie et parle avec Dieu, c’est sûr.

Merci Rose, je prie de tout mon cœur que le monde arrête de tuer dans l’œuf, dans le ventre de leur propre mère, des enfants comme toi, tu es une merveille, de rire, de simplicité, d’apprentissage de la difficulté aussi. C’est notre humanité que nous tuons tous les jours en tuant et en excluant des enfants comme toi.

Bien à toi,

Amélie.

Prise de parole du Pape à propos de la vaccination anti Covid19 : distinguer l’homme et le dogme.

Le 18 août 2021, la chaîne d’informations Vatican News a publié une prise de parole officielle du pape François en faveur de la vaccination contre le Covid19 « de la majeure partie de la population », « au service du bien commun ». La courte prise de parole est disponible sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=j23JF6ehPIU&t=89s

Face à cette prise de parole, voici selon moi les principales questions que l’on est en droit de se poser et les inquiétudes que toute personne, catholique ou non, doit être autorisée à exprimer.

La stratégie vaccinale actuelle me paraît en contradiction avec les principes d’égalité, de redistribution et de partage des richesses et les principes écologiques particulièrement prônés par l’Eglise ces dernières années.

Il est de notoriété publique que les pays les plus pauvres dans le monde sont ceux à qui il manque des doses de vaccin. Circulent en outre, depuis le début de la crise, des histoires de petites entreprises qui se sont vu réduire voire retirer toute capacité de produire des masques, des tests (tests médakits ?), voire des traitements potentiels (Xenothera, entreprise nantaise travaillant depuis un an sur un traitement d’anticorps polyclonaux à Nantes)… au profit de plus grandes entreprises mieux établies avec les pouvoirs nationaux et internationaux, développant des produits ou des protocoles autrement plus rentables. En outre, la stratégie vaccinale telle qu’elle est actuellement pensée exige la fabrication, le transfert et la conservation à grands frais environnementaux (stocks à froid…) des différents vaccins, et ce à long terme puisque l’on en vient à parler de rappels réguliers sur l’ensemble de la population vaccinée.

Le droit de prudence des citoyens vis-à-vis de protocoles sanitaires expérimentaux à grande échelle par des labos et gouvernements notoirement corrompus par l’argent et par l’impératif de la reprise économique, autant que les limites actuellement à l’étude des vaccins eux-mêmes, sont curieusement oblitérés de la prise de parole papale.

En santé publique, en santé publique française tout du moins, il est interdit de rendre obligatoire la participation à un essai clinique. Rien que cela devrait suffire à faire taire les partisans de la vaccination du plus grand nombre et à autoriser chaque citoyen à exercer son droit de prudence sans se voir exclu de la vie quotidienne, sociale et économique par des mesures telles qu’un passe sanitaire en France.

En outre, le Monde, Le Figaro, France Info… le reconnaissent : depuis quelques jours, voire quelques semaines, il apparaît de plus en plus difficile d’ignorer la présence d’effets secondaires voire indésirables ou dangereux à la suite d’une injection vaccinale contre le Covid. Des dérèglement menstruels chez les jeunes femmes, par exemple, ont été remontés à l’ANSM – je dois avouer que ce symptôme me parle particulièrement car je fais partie de cette population. Bien entendu, il ne faut pas confondre cause et concomitance, causalité ou corrélation (biais statistique qu’il serait bon d’ailleurs de distinguer aussi dans le cas des morts du Covid, qui sont en fait morts en majorité d’une comorbidité…). Nous n’avons pas assez de recul pour tirer de conclusions. Il n’empêche que nul être humain ne peut actuellement être obligé de se voir inoculer un tel vaccin, surtout lorsqu’il s’agit de combattre un virus inoffensif dans l’écrasante majorité des cas.

Un usage inquiétant voire alarmant d’une néolangue bizarre, d’un vocabulaire dérivé de l’amour.

Lumière, construction, bien commun… Bien que je ne sois pas spécialiste du sujet, il semble que le Pape François emploie des termes dérivés du vocabulaire catholique, d’une orientation maçonnique, une sorte de néo-langue que j’ai aussi vu récemment employer à Paray-le-Monial, dénoncée dans un article précédent. Aucun appel à se mettre au service des malades et des plus pauvres, mais la répétition d’un message hypnotique favorable à la vaccination, en totale conformité avec ce que nous assènent les Grands et Intelligents de ce monde, quand Dieu nous appelle à écouter les Petits, les simples et les pauvres de coeur.

Que faire, concrètement, face à cette prise de parole ?

Peut-être simplement continuer de nous réjouir avec Dieu, qui nous sauve et nous donne Sa joie, et prendre avec humour cette prise de parole finalement assez désolante. Comme Jacquouille la Fripouille dans les Visiteurs à propos de l’Enchanteur, se dire simplement à propos de notre bon Pape mal conseillé que « Voilà, il gatouille ! ».

Et, sur une note plus sérieuse, n’hésitons pas à lui écrire pour lui faire part de notre désaccord et de notre inquiétude, il y a urgence…

Très Saint Père, priez pour nous, en tout cas, nous, on prie pour vous ! Il est heureux que cette prise de parole ne constitue pas une officialisation du dogme ou de la position de l’Eglise catholique en la matière. Il apparaît néanmoins légitime de commencer sérieusement à s’inquiéter de la corruption de l’église humaine jusqu’à notre pape manifestement mal conseillé et désinformé.

Retour de session à Paray-le-Monial : grâces et gravité de la situation catholique actuelle.

Je me suis récemment rendue à une session dédiée aux 25-35 ans à Paray-le-Monial, sanctuaire et lieu de pélerinage, où chrétiens et catholiques croient que Jésus est apparu montrant Son coeur ouvert et enflammé d’amour à Sainte Marguerite-Marie Alacoque en 1675, lui disant, entre autres : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consumer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu’ingratitude ».

Cela faisait dix ans que je n’étais pas revenue à Paray. Je m’étais décidée à la dernière minute, alors en désarroi sentimental et professionnel et je savais, en y allant, que je ne le regretterais pas. Quand on fait confiance à Dieu et qu’on choisit de se rendre là où Son Coeur est apparu, on reçoit forcément des grâces, même si celles-ci ne sont pas toujours celles attendues. Dieu nous surprend et sait mieux que nous quoi faire de nous.

Cette session me permit de recevoir une multitude de grâces autant que de constater la gravité de notre situation, à nous autres catholiques, notamment à cause notre peur d’aborder de front les difficultés du monde. Ce monde que nous sommes pourtant appelés à aimer radicalement, en Vérité. Je commencerai par exposer ce qui me paraît grave et terminerai par les grâces reçues.

Première source de gravité : américanisation de la Foi et de la pratique charismatique catholique.

Des méthodes de développement personnel dignes de coaches en entreprise et des novlangues (emploi très fréquent de termes détournés, tels la « Bienveillance » et la « Gratitude ». Auparavant, on disait simplement « Amour » et « Rendre grâce ». On ne dit pas encore « Je vous salue Marie, pleine de gratitude », que je sache). Une tendance à l’émotion très forte, avec par exemple la promotion de films et de la boîte de production américaine Saje à l’origine de beaucoup de très mauvais films américains faisant passer Dieu pour un magicien enrobé de guimauve et de sucre. Une veillée entière fut ainsi consacrée à la célébration de la Gratitude, faisant défiler sur scène un franciscain australien hystérique puis une jeune femme témoignant d’un coup de baguette magique divin intervenu dans sa chambre d’hôpital psychiatrique, le tout entrecoupé de chants bruyants à l’harmonisation douteuse, dans une ambiance d’hypnose collective.

Deuxième source de gravité : starification et snobisme intellectualisant.

Le parcours auquel j’ai participé, animé par un grand nom de l’intelligentsia catholique actuelle, s’est perdu en douces et belles considérations sur la doctrine sociale de l’Eglise et ce nouveau concept d’Ecologie intégrale actuellement à la mode sur la scène médiatique catholique. Notre intervenant a quand même réussi à nous demander d’ « oublier l’expression « foi du charbonnier. » » : selon lui, cette expression n’est pas digne d’un catholique, car un catholique doit se former et lire des livres. Allez donc dire cela aux simples d’esprit. J’interpelle d’ailleurs à ce sujet un grand nombre de séminaristes rencontrés à la session et ailleurs : j’espère que vous ne vous intéressez pas à la prêtrise par seul goût pour la philosophie, la théologie, ou quelque autre science. J’espère que vous vous intéressez à la prêtrise pour les âmes et les personnes que vous serez amenés à rencontrer et à qui vous devrez avant tout témoigner de l’amour simple et profond du Christ pour elles.

Troisième source de gravité : une peur généralisée au sein des organisateurs et intervenants que j’ai pu rencontrer.

Par volonté de ne pas faire de vague, j’ai vu l’intervenant de mon parcours refuser de parler du martyre rouge (possibilité de perdre sa vie terrestre) comme une possibilité pour tout chrétien à l’heure actuelle, comme ça l’a toujours été. Prendre le parti du Christ, c’est pourtant nécessairement s’opposer au monde et de là prendre un risque. Et de façon plus générale, un refus en bloc et généralisé parmi les organisateurs du parcours d’aborder de front les sujets d’actualité brûlants : crise sanitaire, homosexualité et transexualité, changement climatique, ultra-libéralisation, virtualisation et digitalisation du monde….

Première grâce : des amitiés nouvelles.

C’était la première fois que je me rendais seule à un événement pareil. Etre seule me permit de rencontrer un nombre incalculable de personnes et me fit vivre toute la semaine la joie indestructible de rencontrer les autres. J’ai eu particulièrement la chance de passer la semaine avec Cécile, amie de mes parents dans la Communauté de l’Emmanuel à Nantes. Cécile est bénie du Ciel, elle est en permanence dans une joie et une simplicité profonde, c’est incroyable. Elle est extraordinaire et à chaque fois que je la rejoignais pour passer la veillée ou prendre un repas ensemble, je me sentais habitée d’une joie et d’une paix toutes simples, dons très clairs de l’Esprit Saint à mon avis. Et qu’est-ce qu’on a pu rire ensemble, en louant, en chantant, en priant les textes, en faisant le ménage… Merci Cécile pour toute ta bonté et ta beauté.

J’ai aussi pu rencontrer Clémence et Marielle, Mathilde et Marie, Etienne, Brune, Emmanuelle, Reine… J’ai aussi retrouvé Perrine, une accompagnatrice que j’aime beaucoup rencontrée à A Bras Ouverts. Avec chacun, chacune, j’ai pu nourrir des échanges simples et profonds, confier ou me voir confier nos difficultés et joies respectives dans la vie et dans notre Foi.

Deuxième grâce : la joie d’être célibataire.

Me voici depuis un an célibataire malgré moi. Après quelques mois à profiter pleinement du célibat, état de vie, il faut le dire, fort enviable à beaucoup d’égards, je me trouvais inquiétée depuis quelques mois par l’impératif de rencontrer quelqu’un d’autre et de remarier. Me voici délivrée de cette fausse urgence et à nouveau dans la joie de croire que Dieu suffit, et que le temps d’une vie terrestre célibataire, si c’est dans cet état que je devais finir ma vie, n’est rien à côté de l’éternité mariée à Lui.

Troisième grâce : la promesse d’un ancrage encore inédit pour moi dans une paroisse, l’appel à rejoindre un groupe, une communauté vivante dans l’Esprit Saint.

J’ai toujours eu du mal avec les phénomènes de groupe. J’abhorrais la sortie de la messe le dimanche quand j’étais enfant et adolescente, où je voyais les catholiques faire des mondanités entre eux au lieu de se tourner vers le monde extérieur pour leur annoncer la Bonne Nouvelle. Je n’ai eu eu qu’une ou deux fois des bandes d’amis, et j’ai à chaque fois fini par couper les ponts, par agacement devant les comportements grégaires que celles-ci adoptent souvent.

Et pourtant, je me sens profondément appelée à rejoindre un groupe. Une paroisse en particulier, dans Paris, celle de l’Emmanuel, à Saint Nicolas des Champs peut-être. Je suis heureuse de cette perspective car je sais à quel point je souffre de me trouver souvent seule dans un monde déchristianisé. Nous verrons si cet appel se confirme ! Quoi qu’il arrive, j’ai toujours hâte de la rentrée et de la vie qui s’annonce, et ce malgré la direction dictatoriale que la France et les Français dans leur majorité semblent décidés à prendre ces jours-ci.

Dieu est vivant, Son Fils est Jésus, Son Don est l’Esprit Saint, Sa Mère est Marie, Son Coeur nous aime infiniment, Alléluia.

Bien à vous tous,

Amélie.

Journal du 29 juin 2021.

J’ai dit hier soir à un ami que j’étais heureuse d’étudier l’Histoire quand celle-ci m’apprend à davantage aimer l’Homme et l’Humanité, qui invente, rend gloire, fait des merveilles, tout autant qu’elle erre, massacre et commet des horreurs.

Peut-être que l’Histoire va bientôt franchir un cap important ces jours-ci. Il serait apparemment question au sein du gouvernement français de rendre la vaccination ARN/ADN contre le covid obligatoire chez tous les citoyens âgés de plus de 24 ans. Je me sens seule en ne voyant que peu de monde autour de moi s’offusquer de l’absurdité voire de la gravité d’une telle mesure si celle-ci venait à se concrétiser. Je me demande aussi parfois ce que dirait mon frère Pierre-Marie, qui avait tant de bon sens et qui était si libre de penser envers et contre tous les diktats, quels qu’ils soient, s’il était encore là, si je passais une soirée avec lui ?

  • Depuis quand enferme-t-on des jeunes plus d’un an pour éviter que des personnes âgées en moyenne de 82 ans (âge médian : 73 ans)*, en France, ne meurent ?
  • Depuis quand avons-nous la prétention de croire que nous pouvons éviter complètement une épidémie et depuis quand prétendons-nous pouvoir développer et mettre tant de vaccins sur le marché mondial en moins d’un an ?
  • Depuis quand, enfin, estimons-nous raisonnable de vacciner la totalité d’une population contre un virus au taux de létalité moyen de 2% dans le monde (ce taux de létalité, fort difficile à établir, étant peut-être bien plus bas, lorsque l’on sait que 93% des morts du Covid le sont d’une co-morbidité) ?…

J’ai récemment regardé un reportage sur les poules élevées en cage et au sol. Ces pauvres animaux sont élevés dans des conditions absurdes et bien contraires à la dignité de toute créature terrestre. Quand une maladie apparaît chez l’un de ces spécimens entassés, l’éleveur vaccine automatiquement (ou gave d’antibiotiques) l’intégralité de la population présente.

Je ne peux m’empêcher de nous voir en poules élevées en cage ces jours-ci. Nous menons un train de vie absurde, dans des conditions où nous sommes, bien souvent, comme les poules, entassés les uns sur les autres. Ainsi, on nous vaccine pour nous permettre de continuer à vivre absurdement et continuer de nous gaver.

Entendons bien qu’avec les épidémies à venir à la faveur du changement climatique en cours, nous ne sommes pas au bout de nos peines, et qu’il serait donc grand temps d’apprendre à vivre avec elles, à défaut de réguler notre absurde train de vie occidental, seule solution pour parvenir à réguler leur émergence. Oui, rappelons-nous que nous sommes simplement mortels et que la vie humaine est belle justement parce qu’elle est fragile face à l’adversité de ce qui la dépasse.

*Source : Santé Public France, janvier 2021.

Merci pour Tinder !

Ce titre n’a rien de volontairement racoleur ou d’ironique. 

Je remercie (et condamne en même temps) les créateurs et développeurs de l’appli Tinder et, par extension, de n’importe quelle autre appli de rencontre immédiate aujourd’hui en vogue. Je les remercie pour m’avoir permis de comprendre mieux les mécanismes du projet diabolique de destruction de la relation entre les personnes et notamment, dans mon cas de femme attirée par les hommes, de la destruction de l’amour et du respect entre homme et femme.

Oui, merci pour Tinder, Happn et autres joyeusetés, car il n’y a rien de plus facile à détecter et à dénoncer que le Diable qui se nomme et ne se cache plus. Il y a environ quinze jours, je me suis créé un profil sur l’une de ces applis, pour la blague, sans en attendre sérieusement quoi que ce soit. Me voici très rapidement en contact avec une dizaine d’hommes plus beaux les uns que les autres, m’approchant de façon plus ou moins délicate ou directe. Honnêtement – jamais, moi la catholique sainte nitouche, ne me serais imaginée dire une chose pareille un jour -, c’est extrêmement amusant et grisant. Me voici prise au jeu donc, me réjouissant de faire l’expérience de ce que la plupart des gens vivent aujourd’hui. 

L’un d’eux, Antoine (son prénom a été changé), m’approche mieux que les autres et me plaît particulièrement sans que je sache bien pourquoi. C’est ce qu’il appellera par la suite, lors de nos échanges, une « alchimie de connexion ». Nos échanges débutent naturellement, tout se fait si vite et si bien, c’est incroyable. Très vite, à la faveur de notre entente et de notre attirance mutuelle, nous voici nous parlant le langage du désir et de l’érotisme. Je me transforme en allumeuse de premier ordre et me vois réussir à le provoquer comme je ne me suis encore jamais vue faire jusque là. J’éprouve une joie et une assurance telle de me sentir si femme, si adulte et si désirée, je n’ai jamais vécu cela avant, je vois tant de choses positives dans ce qui m’arrive. Au bout de quelques jours, néanmoins, je sens bien que quelque chose cloche. Nous ne parlons plus que de ça. J’ai beau essayer de l’amener sur un autre terrain, et il a beau me dire qu’il veut tant d’autres choses que cela, nous y sommes constamment ramenés – autant de son fait que du mien qui prends je l’admets un malin plaisir à le provoquer. Là où je peux aisément dire que l’Usurpateur ne se cache plus, c’est que non content de m’avoir transformée en bête, il fait parler à Antoine son langage : Antoine utilise fréquemment les adjectifs « diabolique », « tentateur » et « démoniaque » dans nos échanges. 

Notre flirt érotique a duré toute la semaine Sainte – concomitance étonnante que je ne peux m’empêcher de noter – et j’ai finalement réussi à y mettre fin le soir du lundi de Pâques. Antoine ne m’a pas réécrit ou rappelée pour essayer de me convaincre que notre histoire dépassait le seul érotisme à partir du moment où je lui ai demandé de parler d’autre chose. Une brutalité incroyable de l’échange en somme. Je me sentis comme « knock-out », littéralement, lorsque notre histoire prit fin.

J’ai débriefé de cette histoire avec l’amie avec qui nous avions créé mon profil Tinder pour la blague. Elle me confirma que sur Tinder, c’était « sans pitié », et que ce genre d’histoire lui était déjà arrivée aussi. Des hommes approchent des femmes, des femmes allument des hommes, on se cherche, on prétend chercher autre chose que l’érotisme et la génitalité seule. Bien sûr, on peut avoir de bonnes surprises. Je connais une amie qui a rencontré son conjoint actuel sur Tinder, ils sont ensemble depuis des années. Néanmoins, l’écrasante majorité des gens que je connais qui passent leur temps sur ces applis vivent une déshérence sentimentale et amoureuse qui dure depuis des années.

J’ai pleuré comme une adolescente quand il ne m’a pas rappelée et quand je me suis rappelée à quel point j’aimais Dieu. Désespérément en manque d’amour, j’ai flirté avec le Diable en espérant que celui-ci se transformerait en plan divin. Moi qui jusqu’à maintenant n’avais jamais douté que Dieu voulait mon bonheur et notamment, sans ambage, l’amour et la sexualité conjugale couronnés et purifiés par le mariage.

Je remercie le Ciel de m’avoir permis de vivre cette expérience. Cela m’a permis de vivre en eaux troubles, dans les eaux où nagent la plupart des gens qui m’entourent, eux qui n’ont pas la chance de connaître Dieu ou de Le reconnaître, de connaître son vrai projet d’amour pour nous. Ils se laissent ainsi avoir aux pièges de la séduction et de la luxure. Elle m’a ôté toute forme d’orgueil. Hé oui, moi aussi, je peux me laisser piéger malgré ma Foi et mes grands principes. Je suis profondément pécheresse et humaine – je le savais déjà, mais il n’est jamais trop d’occasions pour me le rappeler et me faire gagner ainsi en humilité et en compréhension envers les autres.

Si vous le pouvez, priez pour moi et, surtout, priez pour Antoine, et toutes les âmes en déshérence sur les applis de rencontre.

Lettre à Antoine ou éloge de la radicalité dans l’amour.

Cher Antoine,

Ces dernières semaines, je t’ai vu me dire des choses merveilleuses sans vraiment les assumer. Et je me vois, dans la joie, découvrir encore à quel amour et à quelle divinité de l’amour j’aspire profondément. C’est autant grâce à toi que je me réjouis qu’à cause de toi que je pleure. Oui, j’ai de la joie, tout en étant malheureuse – je suis convaincue que, grâce à Dieu et à mes amis, grâce à la Foi et la joie qui m’habitent, cet état malheureux ne durera pas.

En l’espace de quelques semaines, j’ai compris à quel point j’étais libre et guérie de mes peurs. Libre et prête à l’amour. Plus nous avancions, plus je me découvrais encore plus libre, apaisée, aimant suffisamment Dieu et m’aimant suffisamment moi-même pour être sûrement prête à t’aimer pour de bon un jour.

Me voici radicale – bien sûr, je l’ai toujours été. Cette radicalité, j’apprends jour après jour à ne pas la laisser s’exprimer de façon violente. Chaque jour, je travaille – Dieu que c’est difficile pour moi – à bannir toute violence, toute colère, et toute impulsivité dans ma conduite.

Me battre contre la violence de certaines de mes réactions, oui, je prie pour y travailler toute ma vie. N’oublie jamais que ma violence est à l’aune de la radicalité et de l’entièreté de ce que je vis, de mes émotions et de ce que ma raison perçoit. Toujours, oui, je me battrai pour ne plus être dure, pour m’ôter toute intransigeance, pour pardonner à ceux qui m’entourent et me pardonner ma faiblesse et mes erreurs.

Grâce à toi et à notre petit bout d’histoire, je comprends que ma radicalité peut s’exprimer de la plus belle façon. Si je me bats contre la dureté et l’intransigeance, je laisserai toujours la place à cette radicalité car je sais qu’en fait, elle est la marque d’une magnifique aspiration à l’amour : l’amour de l’autre, l’amour de ses amis, l’amour des plus petits, l’amour des pauvres… l’amour qui révèle la divinité ancrée en chacun de nous et que l’union de l’homme et de la femme peut aussi nous permettre d’effleurer. Quelle chance j’ai de pouvoir pressentir cela malgré tous mes malheurs conjugaux et mes déboires sentimentaux. De ne pas être traumatisée et de continuer à espérer le meilleur.

Encore merci à toi donc ! Avec l’Amour et sa radicalité, tout projet, même à tendance diabolique, tel que je le dénonçais dans le succès des applis telles que Tinder dans un article précédent, peut devenir divin.

Bien à toi, en union de prière,

Anne-Sophie

Sortie de la première partie du documentaire : « Les Folles de Dieu »

La série documentaire « Les Folles de Dieu », témoignage de personnes homos et transgenre à propos de leur vie et de l’articulation entre leur inclination et leur foi catholique, vient de voir son premier épisode publié sur YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=RpjCODYoFxU.

La joyeuse troupe internationale composée de Philippe, Gerson, Santiago, Guillaume, Perrine, Christian… s’était réunie à Lourdes en octobre 2019 pour tourner un documentaire inédit voire révolutionnaire : parler de leur vie en tant que personnes homosexuelles, transgenres et catholiques convaincues de la validité de l’appel au célibat et à la continence formulé par l’Eglise. Humour, beauté, profondeur, amour, réalisme et bienveillance pour les personnes orientent cette série documentaire qui a le mérite d’oser parler en vérité d’un sujet brûlant qui fâche toujours.

L’analyse et le témoignage de chacun met en avant au fil de la série quelques urgences :

1/ la condition homo / trans nous concerne tous en ce qu’elle est un puissant outil d’analyse de la condition humaine et sexuelle dans son ensemble. Il ne faut pas cantonner la question de l’identité sexuelle aux revendications d’une communauté LGBT tapageuse, comme beaucoup de catholiques, homophobes sans se l’avouer, ont tendance à le faire.

2/ La question de l’identité sexuelle (homosexualité, transexualité, bisexualité…) est un puissant levier d’attaque de l’Eglise catholique et l’une des raisons principales pour lesquelles des gens quittent l’Eglise. Il est donc indispensable de la traiter de front, de l’analyser de fond en comble, en faisant appel à des experts du sujet pour sensibiliser et former en priorité l’opinion catholique.

3/ La condition homo / trans, outil d’analyse de la relation Homme / Femme et avec elle de la relation Créateur / Créature (Dieu et l’humanité), permet de soulever et de traiter des questions d’ordre apocalyptique et eschatologique. Il est donc impératif de faire parler les personnes concernées par cette condition, de les faire témoigner au milieu de l’Eglise. Au lieu de chercher à les faire taire comme nous avons tous tendance à le faire : que ce soit les cathos, gênés par la question de la sexualité et de l’identité sexuelle ou les gay-friendly, eux-mêmes homophobes lorsqu’ils refusent qu’une personne homo/trans ne pense pas comme eux ni ne réclame les mêmes lois qu’eux.

La série a été entièrement réalisée sur la base des dons et sera mise à disposition gratuitement sur YouTube en plusieurs langues. Pour soutenir l’équipe en charge de la réalisation, vous pouvez partager et rendre visible le documentaire autour de vous et même continuer d’aider à financer le film en effectuant un don à l’adresse suivante : https://www.leetchi.com/c/reboursement-des-4-mecenes-du-tournage-homosexualite-a-lourdes?fbclid=IwAR13_3Hw1G94a2_CI6vRzyin3TPd7W8Q-a8I6EWRz7nxeR_9K_2uniD69pc.

Merci à tous et bon visionnage !